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CONSÉQUENCES DE LA FONTE DES GLACIERS

 
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Noureddine
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MessagePosté le: 22.12.10 07:32    Sujet du message: CONSÉQUENCES DE LA FONTE DES GLACIERS

 
Depuis toujours, l’être humain a cherché à vivre près de l’eau, car celle-ci est vitale pour sa survie. De nos jours, ce sont deux personnes sur trois qui vivent à moins de 80 kilomètres d’une côte. Nous sommes donc très vulnérables à la montée des eaux. Il y a quinze mille ans, le niveau des mers se trouvait à cent mètres plus bas que le niveau actuel. À cette époque, le continent nord-américain était un empire de glace, dépassant même l’Antarctique par le volume d’eau gelée qu’il supportait. Lorsque ces glaces ont fondu, elles ont libéré assez d’eau pour faire monter le niveau des mers de 74 mètres. Les eaux montèrent rapidement jusqu’à une époque située il y a environ huit mille ans. Ayant atteint son niveau actuel, le niveau des eaux s’est stabilisé. Aujourd’hui, une montée des eaux, même modeste, serait désastreuse, car la population du globe vit particulièrement proche des côtes. Seulement qu’au Bangladesh, plus de dix millions de gens vivent à des niveaux de sol qui ne dépassent pas d’un mètre celui de la mer. 
Tout ce qui reste des grandes calottes glaciaires de l’hémisphère Nord, est représenté par la banquise du Groenland, la mer de glace de l’océan Arctique et quelques glaciers continentaux. En Alaska, le grand glacier de Columbia a reculé de douze kilomètres au cours des vingt dernières années. Dans quelques décennies, il ne restera plus de glaciers dans le parc national des glaciers américains. La banquise du Groenland recèle, à elle seule, assez d’eau pour faire monter le niveau des mers d’environ sept mètres sur toute la planète. Durant l’été 2002, tout comme la banquise Arctique, la banquise du Groenland a diminué de un million de kilomètres carrés, le plus grand recul jamais enregistré. Deux années plus tard, soit en 2004, on s’est aperçu que les glaciers du Groenland fondaient dix fois plus vite que ce que l’on avait prévu. Une étude récente a démontré que si la banquise du Groenland venait à fondre, il serait impossible de la reconstituer, même si on abaissait les émissions des gaz à effet de serre à ceux qui existaient avant l’ère industrielle. 
La plus grande étendue de glace de l’hémisphère Nord est la glace qui recouvre la mer polaire. Depuis 1979, elle s’est rétractée de 20% durant l’été. De plus, la glace qui subsiste est beaucoup plus mince. Des mesures effectuées à l’aide de sous-marins, ont démontré que son épaisseur s’est réduite de 40% en quarante ans. Cette fonte prodigieuse n’a toutefois pas eu de conséquence sur la hausse du niveau des mers, pas plus qu’un glaçon qui fond dans un verre d’eau, n’augmente le niveau du liquide contenu dans ce verre. Cela s’explique par le fait que la calotte glaciaire est composée d’eau de mer gelée, dont les neuf dixièmes sont submergés. Quand elle fond, elle se condense en eau selon les mêmes proportions que celle qui flottait à la surface sous forme de glace. Seuls les glaciers terrestres font monter le niveau des mers en fondant. Cependant, si la fonte des glaces à base d’eau de mer n’a pas d’influence directe sur la montée des eaux, ses effets n’en sont pas moins importants. 
Au rythme actuel de son déclin, il ne restera pratiquement rien de la calotte glaciaire dans quelques décennies, ce qui affectera profondément les températures. Il ne faut pas oublier qu’un tiers des rayons du soleil qui atteignent notre planète sont réfléchis dans l’espace. La glace, surtout aux Pôles, est en grande partie responsable de ce réfléchissement, puisqu’elle renvoie dans l’espace près de 90% de la lumière solaire. L’eau, en comparaison, a un faible pouvoir réfléchissant. Quand le soleil est au zénith, l’eau ne renvoie que de 5 à 10 % de lumière dans l’espace. Si la glace était remplacée par de l’eau, la surface de la terre absorberait beaucoup plus de rayonnements du soleil, qu’elle réémettrait sous forme de chaleur. Cela déclencherait des réchauffements localisés qui hâteraient alors la fonte des glaciers sur les continents, ce qui ferait monter rapidement le niveau des mers. 
Pendant les dix dernières années du vingtième siècle, le rythme de la montée des eaux a doublé, ce qui est très inquiétant. Les océans représentent une masse formidable, quand on les compare à l’atmosphère, soit une masse cent fois supérieure. Quand nous voyons que l’atmosphère est en train de modifier les océans, il faut envisager un monstre qui s’ébranle. Une fois ce monstre en marche, rien ne pourra être fait pour changer sa trajectoire. Quand les gens pensent à la montée des eaux, c’est en imaginant uniquement des glaciers et des banquises qui fondent et se déversent dans les océans. Or, au cours du siècle écoulé, une grande partie de cette hausse a eu pour origine une expansion des océans, car l’eau chaude prend plus de place que l’eau froide. En 2001, la Commission intergouvernementale sur le changement climatique (IPCC), calculait qu’il y avait une possibilité que le niveau des océans monte jusqu’à dix mètres au cours de ce siècle. À la fin des années 90, quand la Commission préparait son rapport, on ne connaissait pas le rythme de la fonte des glaciers. Grâce à des efforts héroïques des scientifiques, on dispose maintenant de nouvelles données. Ils ont mesuré le taux de fonte des banquises de Patagonie, les plus grandes masses de glace tempérées de l’hémisphère Sud et ils se sont aperçus que ce taux contribuait davantage à la montée des eaux dans le monde que les gigantesques glaciers de l’Alaska. 
Mais c’est de l’Antarctique que nous parviennent les données les plus inquiétantes. À partir de 2004, dans les revues scientifiques, se sont succédés les articles annonçant de sinistres modifications des glaces de la péninsule Antarctique et des régions voisines. Ces études montrent bien qu’à l’extrémité sud de la planète, un vaste effet domino est à l’œuvre, la déstabilisation d’une banquise entraînant la destruction d’une autre. Les premiers indices alarmants remontent au mois de février 2002, quand la banquise Larsen B, d’une superficie équivalente à celle du Luxembourg, avec ses 3250 kilomètres carrés, s’est disloquée en quelques semaines. Les scientifiques savaient que la péninsule Antarctique se réchauffait plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur la planète, mais la rapidité et la brutalité de l’effondrement de Larsen B, en stupéfièrent plusieurs. La banquise occidentale est retenue par des liens fragiles au lit d’une mer peu profonde. Déjà, dans les années 70, on évoquait la possibilité qu’elle puisse être déstabilisée. John Mercer, glaciologue de l’université de l’Ohio, avait mis en lumière ses ressemblances avec l’Arctique eurasien, depuis longtemps disparu. Mercer craignait qu’à cause du réchauffement planétaire (un sujet dont on parlait fort peu), la banquise de l’Antarctique occidentale ne subisse le même sort. En tout, les 38 millions de kilomètres cubes d’eau de mer gelée et de glace contenus et retenus par la banquise de l’Antarctique occidentale représente assez d’eau pour provoquer une montée des océans de six à sept mètres. 
L’étude de la fonte des glaciers a connu des bouleversements si rapides, et la puissance des océans est si gigantesque, que les climatologues se posent aujourd’hui la question, à savoir si l’homme n’aurait pas déjà actionné l’interrupteur qui créera une terre sans glace. Si tel est le cas, l’homme aura poussé la planète vers une hausse du niveau des mers qui pourrait atteindre environ 67 mètres. La prochaine question est la suivante : Combien de temps reste-t-il avant que toute la glace contenue sur la planète ne fonde complètement ? Nombre de scientifiques croient que quel que soit le volume des fontes, le niveau des mers ne s’accélèrera qu’après 2050 et qu’il faudra des millénaires avant que toute la glace soit fondue. Cependant, d’autres chercheurs annoncent une montée des eaux qui pourrait atteindre six mètres en un siècle ou deux. On sait que l’humain n’a jamais été très doué pour prédire l’avenir. Toutefois, grâce aux progrès technologiques accomplis depuis une vingtaine d’années, comme le suivi par satellite des changements sur la surface du globe, de meilleurs ordinateurs et une solide compréhension des mécanismes, comme le cycle du carbone, les scientifiques sont en mesure de bâtir des mondes virtuels pour deviner ce à quoi on doit s’attendre si on ne change pas nos comportements. 
Ouragans, cyclones, inondations et canicules, les changements climatiques sont en marche. En 50 ans seulement, la calotte glaciaire s’est réduite de 20%. Si nous ne faisons rien, il n’y aura bientôt plus de glace en été dans l’Arctique et un cataclysme bouleversera le monde que nous connaissons. Or, nos comportements quotidiens sont responsables, à eux seuls, de 50% des émissions de gaz à effet de serre, à l’origine de ce dérèglement climatique. Il est donc capital de nous mobiliser, d’apprendre à vivre, à nous déplacer et à consommer différemment. Il y a plus d’un siècle, soit en 1903, Alfred Russel Wallace, écrivait dans son livre, La place de l’homme dans l’univers : « C’est parmi ces nations qui prétendent être les plus civilisées, celles qui se disent guidées par la connaissance des lois de la nature, celles qui s’enorgueillissent tant du progrès de la science, que l’on rencontre la plus grande apathie, la plus grande insouciance dans la constante souillure de cette nécessité absolue de la vie... » 
Aujourd’hui, en ce début de l’année 2007, deux forces s’opposent. Il y a ceux qui préconisent des changements radicaux et il y a ceux qui sont contre tout changement, pour des questions économiques et idéologiques. Qui l’emportera ? Il y a aussi la question essentielle : « Sommes-nous prêts à modifier nos comportements afin de renverser le courant et sauver la planète ? » Comme le mentionne si bien James Lovelock, dans The Independant, 24 mai 2004 : « Toute chaleur en surplus, quelle qu’en soit la source : les gaz à effet de serre, la disparition de la glace arctique ou de la forêt amazonienne, est amplifiée, et ses effets font bien plus que s’additionner. C’est comme si nous avions allumé un feu pour nous réchauffer, sans nous apercevoir, au fur et à mesure que nous entassions du combustible, que le foyer avait échappé à tout contrôle et que les meubles avaient pris feu. Dans un tel cas, il ne reste pas beaucoup de temps pour l’éteindre. Comme un incendie, le réchauffement planétaire va en s’accélérant, et il ne reste presque plus de temps pour agir ». 

 
Source : Flannery, Tim. Les faiseurs de pluie : l’histoire et l’impact futur du changement climatique ;  
traduit de l’anglais par Raymond Clarinard. Paris : H. d’Ormesson, 2006 
 
 



 

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MessagePosté le: 22.12.10 07:32    Sujet du message: Publicité

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