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De la grammaire de phrase à la grammaire de texte

 
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Noureddine
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MessagePosté le: 14.10.11 22:53    Sujet du message: De la grammaire de phrase à la grammaire de texte

Comment juger de la cohérence d’un texte ?


Les 4 règles de la cohérence d’un texte. (M.Charolles) 
  • La règle dite de “ répétition ” : il faut que les informations données soient reprises littéralement ou à l’aide de substituts.
  • La règle de “ progression ” : il faut que l’information se renouvelle de façon continue, au fil du texte.
  • La règle de “ non-contradiction ” : il faut qu’aucune information ne soit en contradiction avec une autre. Même dans un texte surréaliste ou fantastique, l’auteur se doit d’assurer la crédibilité d’un univers imaginaire.
  • La règle de “ congruence ” : il faut que le lecteur puisse toujours mettre en relation les informations données, soit que ces relations soient clairement établies à l’aide de connecteurs, soit que les inférences logiques puissent fonctionner, sans recours explicite à ces outils linguistiques.
Les 2 domaines distincts de la grammaire. 

 
  • La grammaire de phrase qui traite des notions relevant du cadre phrastique.
  • La grammaire de texte qui prend comme unité d’analyse le cadre du texte et s’intéresse aux faits de langue qui entrent en jeu dans la cohérence et la cohésion du texte.

 
Ainsi, une même notion peut être travaillée selon les deux approches. 

 
Si on s’intéresse aux finalités assignées à l’enseignement de cette discipline, on voit qu’elles ont évolué d’une grammaire à l’autre.  Les textes officiels de 1985 mettaient l’accent sur le développement d’un comportement réflexif chez de jeunes élèves afin qu’ils puissent découvrir les règles de fonctionnement de leur langue maternelle. D’où l’importance de les doter d’un certain nombre d’attitudes et de techniques d’exploration comme les comparaisons d’énoncés aboutissant à des classements et diverses manipulations à effectuer (déplacements, substitutions, transformations). Si ce travail d’observation est poursuivi sur les textes, le rôle désormais assigné à l’enseignement de la grammaire est de fournir à l’élève des outils qui vont l’aider à améliorer ses compétences en compréhension et surtout en production de textes. Les textes officiels de 2002 réaffirment très clairement cette orientation. 

 

 
Quels contenus pour cette grammaire ? 

 
La délimitation des contenus concernant la grammaire de texte est plus difficile à établir de façon stricte que ceux de la grammaire de phrase. Pour certains, la grammaire de texte intègre la structure d’ensemble des séquences textuelles en plus des faits linguistiques qui s’y rapportent. 

 
“ La référence aux textes officiels est donc particulièrement importante en la matière. Ces derniers précisent en effet les « phénomènes grammaticaux portant sur le texte » qui peuvent « faire l’objet d’observations réfléchies » : 
  • Repérage des divers substituts d’un nom (pronoms et substituts nominaux) dans un texte lu et réalisation des substitutions nécessaires lors d’une activité d’écriture.
  • Repérage des mots de liaison (connecteurs temporels, spatiaux et logiques) dans un texte lu et choix pertinent de ces mots dans un texte en cours d’écriture.
  • Repérage de la diversités des temps verbaux dans un texte (en particulier temps du passé dans un texte narratif) et choix correct de ces temps dans un projet d’écriture.
  • Repérage des fonctions syntaxiques de la ponctuation et usage correct du point et progressivement de la virgule.”
Qu’apprend-on- à l’école élémentaire 

 

 

 
Le domaine énonciatif 

 
  • Une énonciation “ à distance ” ou énonciation de type “ Récit ”. 
- Les informations données par l’énonciateur sont envisagées en dehors de ses relations avec le moment d’énonciation : emploi de la troisième personne (il ou elle). 
- Emploi de certains temps verbaux (alternance imparfait/passé simple) à l’exclusion de certains autres (comme le futur) 
- Emploi de certaines marques spacio-temporelles qui ne peuvent être comprises que par référence à des repères donnés de façon explicite dans le texte : le lendemain, trois jours plus tard, la veille, à cet endroit-là…  

 
  • Une énonciation “ impliquée ” ou énonciation de type “ Discours ”.
- L’énonciateur du texte se désigne en tant que tel sous la forme du pronom je s’adressant souvent à un interlocuteur (marqué dans le texte par la présence du tu ou vous). 
- Les trois temps de base sont alors présent/passé-composé/futur, en relation avec l’actualité du locuteur. 
- Les indicateurs spacio-temporels se situent également par rapport au lieu et au moment de l’énonciation et se réfèrent explicitement aux catégories de l’ici et maintenant. On trouve des adverbes comme hier ou demain, des expressions comme il y a x semaines, l’année dernière, l’année prochaine pour exprimer des notions temporelles ; des adverbes ou expressions comme ici, là-bas, à droite, à gauche pour exprimer des notions spatiales. 

 
L’opposition des plans 

 
Les informations données dans un texte ne sont pas toutes mises sur le même plan. Un certain nombre de moyens linguistiques permet de les organiser, en les hiérarchisant. Moyens tels que l’emploi du passé-simple pour le premier plan et de l’imparfait pour le second plan, emploi de propositions principales et de propositions subordonnées… 

 
Les faits de reprise 

 
Pour que l’on puisse parler de texte, il faut que l’auteur assure le suivi des informations déjà données. Celles-ci peuvent être réitérées en utilisant la simple répétition, mais on observe que la langue dispose de multiples moyens (pronoms, groupes nominaux plus ou moins expansés, déterminants) pour renvoyer au même référent. On s’aperçoit également que loin de n’assurer que la permanence de l’information, ces divers procédés, en particulier les reprises lexicales, permettent de donner des informations nouvelles, fondamentales pour le lecteur et qui justifieraient pleinement qu’on les mentionne aussi dans le paragraphe suivant. 

 
La progression de l’information 

 
Suite aux travaux de B. Combettes. Comme nous l’avons vu précédemment, pour qu’un texte puisse être jugé cohérent, il faut qu’il assure le suivi de l’information. Ce type d’information est désigné sous l’appellation de « thème ». Mais il faut également que l’information soit renouvelée, faute de quoi le texte va paraître répétitif, inutilement redondant… Les informations nouvelles sont alors appelés « rhèmes ». 

 
Il existe 3 types de progressions possibles, combinables entre elles et repérables à l’intérieur d’un même texte. 
  • La progression “ à thème constant ”. Le même thème apparaît dans des phrases successives, alors que les rhèmes sont chaque fois renouvelés. Il est souvent utilisé dans les récits dans la mesure où il permet de se  focaliser sur la succession des actions effectués par un personnage.
  • La progression “ à thème linéaire ”. Dans la progression à thème linéaire, le thème d’une phrase est repris du rhème de la phrase précédente. Cette reprise est seulement partielle. Ce type de progression est intéressant à utiliser dans la description, dans la mesure où il permet à la fois de préciser et de renouveler l’information qui va “ vers des réalités de plus en plus restreintes ”.  
  • La progression “ à thèmes dérivés ” ou “ éclatés ”.  Dans ce type de progression, les thèmes développés sont issus d’un “ hyperthème ” qui peut se trouver explicitement mentionné ou à inférer. Les thèmes spécifiques, quelquefois appelés “ sous-thèmes ”, viennent ensuite préciser ou exemplifier le thème générique. Cette structure est souvent représentée par une schématisation en étoile. Parfois, pas “ d’hyperthème ” explicite, mais le lecteur peut facilement suppléer à cette absence.
Les connecteurs 

 
Une des règles fondamentales de la cohérence textuelle est que les informations puissent être mises en relation par le lecteur. Dans ce cas, la simple juxtaposition des informations est suffisante pour que des liens logiques puissent s’opérer. Le plus souvent, cette mise en relation est assurée par des mots ou des expressions qu’on appelle “ connecteurs  ”.  

 
Il existe plusieurs catégories : 
- les conjonctions de coordinations 
- les conjonctions et locutions dites de subordination 
- les adverbes et les locutions adverbiales 
- certaines expressions 

 
Les connecteurs sont des mots de liaison qui articulent les informations entre elles mais ils ont également pour fonction d’orienter l’interprétation que le lecteur doit faire des énoncés dans la mesure où “ ils mettent les informations contenues au service d’une intention argumentative globale ”.  

 
Comment articuler les activités de grammaire et les activités sur les textes ? 

 
Une des critiques les plus importantes adressées à l’enseignement de la grammaire, c’est son caractère autonome par rapport à l’ensemble des activités de français et son manque d’efficacité dans la mesure où les élèves réinvestissent peu dans leurs productions les compétences manifestées dans la réalisation des exercices effectués lors des séances de grammaire. Avec la grammaire de texte d’une part et la prise en compte de la typologie des écrits et des séquences textuelles d’autre part, apparaissent de nouveaux modèles d’organisation de la discipline qui s’efforcent d’articuler l’approche des textes (activités de lecture et production) et les activités d’observation et d’analyse des faits linguistiques. 
  • Les faits de langue travaillés dans le texte explicatif.
- Travailler les termes d’introduction des mots spécialisés. Travailler le texte explicatif en liaison avec des activités scientifiques permettra de travailler sur les phénomènes de reformulation des termes de spécialité et les termes qui permettent de les introduire comme : autrement dit, c’est-à-dire… 

 
- Travailler les connecteurs logiques. Une des spécificités du texte explicatif, c’est qu’il oblige l’énonciateur à produire un raisonnement logique mettant en relation des données pertinentes pour résoudre un problème précis. C’est donc le type de texte par excellence qui va permettre de travailler les connecteurs logiques, en particulier ceux qui traduisent les relations de cause, de conséquence ou de but. C’est donc l’occasion d’effectuer des repérages de listes de formulations précises. Au CM2, il sera possible de commencer à distinguer les différentes catégories à laquelle appartiennent ces termes. 
- Raisonner par analogie. Travailler le raisonnement par analogie et avoir recours à des comparaisons. 
- Travailler le “ présent gnomique ”. travailler sur une autre valeur du présent que le présent du discours : il s’agit du présent à valeur générale, le plus souvent à la troisième personne, très employé en sciences. Il s’agit du Présent Gnomique.  

 
  • Les notions linguistiques travaillées à partir des différents types d’écrits.

 
- Les situations où il s’agit de relever les caractéristiques des différents types de textes et de les matérialiser sur des fiches-outils. Ces fiches servent de guide pour l’écriture et/ou la relecture des premiers jets et prennent en compte aussi bien  les caractéristiques se rapportant à la structure d’ensemble des textes que les caractéristiques qui relèvent de la grammaire de texte ou de phrase.  

 
- Les situations dites “ d’activités décrochées ” dans lesquelles l’enseignant programme des séances ciblées sur une notion particulière. Le choix des notions à traiter tient compte des faits de langue spécifiques aux types de textes, en privilégiant ceux dont la maîtrise pose le plus de problèmes aux élèves. Ces séances constituent une aide à l’amélioration des premiers jets. 

 
La tentation de traiter toutes les notions grammaticales à partir de textes se fait jour dans bon nombre de documents pédagogiques actuellement disponibles sur le marché ; cependant, il nous semble que des notions relevant clairement de la grammaire de phrase sont à traiter dans des séances décrochées sur des corpus de phrases. 


 

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MessagePosté le: 14.10.11 22:53    Sujet du message: Publicité

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