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 La connaissance non partagée n'a pas vraiment son utilité. ( D. Desbiens) 
 "Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui."  Razz  "Le projet n'est pas une fin en soi, c'est un détour pour confronter les élèves à des obstacles et provoquer des situations d'apprentissage." Razz "L'enseignant novateur, en entreprenant une démarche de projet, accepte de : 1/ gérer la complexité et l'incertitude; Razz 2/ tenir compte des besoins et des intérêts des apprenants; Razz 3/ créer les conditions permettant l'exercice d'une pensée créatrice: le travail de groupe; Razz 4/ renoncer à la situation magistrale; Razz 5/ agir comme médiateur et non comme dispensateur de savoir." Razz "Selon B. S. Bloom,  3 moments d'évaluation : 1/ en amont du projet : évaluation diagnostique; Razz 2/ au cours du projet : évaluation formative; Razz 3/ en aval du projet : évaluation sommative." Razz
Eléments d'analyse du récit fantastique

 
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MessagePosté le: 18.02.11 16:59    Sujet du message: Eléments d'analyse du récit fantastique

LES LIEUX 
  
J'habite une vieille maison qui ressemble à la boutique d'un brocanteur. Une maison qui a pris poussières, Dieu sait depuis combien de lustres. 
La pénombre perpétuelle qui l'oppresse rappelle l'austérité des églises ; l'odeur de vieillesse et de fané stagne, jaillie des meubles décrépits, styles divers, qui l'encombrent, jaillie des nombreuses étoffes qui l'ornent, précieuses mais effrangées et décolorées, étendues ou pendues çà et là, sous forme de couvertures, de rideaux et de tentures. J'ajoute du mien à cette puanteur, autant que possible, sous forme des pestilences de mes pipes entartrées qui répandent des fumées à longueur de journée. C'est seulement quand je viens de l'extérieur que je me rends compte qu'on ne peut respirer chez moi.../...Luigi Pirandello (effets d'un songe interrompu) 
  
Notre hôte nous fit conduire chacun à notre chambre.../...  
La mienne était vaste ; je sentis en y entrant,comme un frisson de fièvre, car il me sembla que j'entrais dans un monde nouveau. 
En effet, on aurait pu se croire au temps de la Régence, à voir les dessus de porte de Boucher représentant les quatre saisons, les meubles surchargés d'ornements de rocaille du plus mauvais goût, et les trumeaux des glaces sculptés lourdement. 
Rien n'était dérangé. La toilette couverte de boîtes à peignes, de houppes à poudrer, paraissait avoir servi la veille. Deux ou trois robes de couleurs changeantes, un éventail semé de paillettes d'argent jonchaient le parquet bien ciré, et, à mon grand étonnement, une tabatière d'écaille ouverte sur la cheminée était pleine de tabac encore frais.../... 
Théophile GAUTIER - La cafetière 
  
Mon oncle, le chevalier de ***, habitait une petite maison donnant d'un côté sur la triste rue des Tournelles et de l'autre sur le triste boulevard Saint-Antoine. Entre le boulevard et le corps du logis, quelques vieilles charmilles, dévorées d'insectes et de mousses, étiraient piteusement leurs bras décharnés au fond d'une espèce de cloaque encaissé par de noires et hautes murailles. Quelques pauvres fleurs étiolées penchaient languisamment la tête comme des jeunes filles poitrinaires, attendant qu'un rayon de soleil vînt sécher leurs feuilles à moitié pourries. 
Théophile GAUTIER - Omphale 
  
 .../...Je me trouvai en vue de la mélancolique maison Usher.../... 
.../...J'examinai avec plus d'attention l'aspect réel du bâtiment. Son caractère dominant semblait être celui d'une excessive antiquité. La décoloration produite par les siècles était grande. De menues fongosités recouvraient toute la face extérieure et la tapissaient à partir du toit, comme une fine étoffe curieusement brodée. Aucune partie de la maçonnerie n'était tombée et il semblait qu'il y eût une contradiction bien étrange entre la consistance générale  intacte de toute ses parties et l'état particulier des pierres émiettées .../... 
Edgar Allan POE - La chute de la maison Usher 
  
Un soir de brouillard, à la fin d'une journée passée à mon cabinet dans une oisiveté forçée, je rentrai chez moi plutôt démoralisé lorsque mon regard fut soudain attiré par la vitrine illuminée d'une boutique. L'enseigne indiquait "Antiquités" .../... Je pénétrai dans une pièce en désordre, encombrée de tous les trésors et pacotilles qu'on trouve habituellement dans un magasin de brocante : il y avait là des armures, des miroirs écaillés, des vêtements sacerdotaux, des rouets, des bouilloires de cuivre, des chandeliers, des gongs, des pièces d'échiquier et des meubles de toutes tailles et de toutes époques.Pourtant, malgré tout ce bric-à-brac, la boutique échappait à l'atmosphère obscure et poussièreuse qui règne ordinairement en de tels lieux. 
Roald DAHL - La boutique du coin 
  
Comme Edwin Phipps nous l'avait dit, la vieille maison était remarquablement bien conservée pour son âge, en dépit de son abandon. La porte de chêne massif avait des gonds et une serrure de fer forgé et semblait assez solide pour soutenir un siège et résister même à un assaut d'artillerie. Edwin tira d'une de ses poches une clef énorme, la glissa dans la serrure et la tourna. Je m'étonnai, distraitement, qu'après tant d'années le pêne pût glisser aussi silencieusement. Grandin s'écarta et nous fit signe de passer devant. 
S. QUINN - La malédiction des Phipps 

 
LES PERSONNAGES DEMONIAQUES 
  
  
C'était un petit vieillard aux cheveux qui étaient sûrement teints. A ma grande surprise, il ne fit aucune difficulté. Au contraire, il paraissait désireux de me voir devenir son client. Je lui expliquai comment j'avais eu son adresse, je louai sa coupe et lui demandai de me faire un complet. Nous choisîmes un peigné gris puis il prit mes mesures et s'offrit de venir pour l'essayage, chez moi. Je lui demandai son prix. Cela ne pressait pas, me répondit-il, nous nous mettrions toujours d'accord. Quel homme sympathique ! pensai-je tout d'abord. Et pourtant, comme je rentrai chez moi, je m'aperçus que le petit vieux m'avait produit un malaise (peut-être à cause de ses sourires trop insistants et trop doucereux). 
Dino BUZZATI - le veston ensorcelé 
  
Il écarta la tenture de pourpre qui masquait le portrait. Un cri de douleur et de rage lui échappa. Aucun changement n'était visible si ce n'est, dans les yeux, une expression nouvelle de ruse, et, près de la bouche, la ride tourmentée de l'hypocrisie. c'était le même objet repoussant, devenu, si possible, plus repoussant encore. la tâche écarlate qui souillait la main semblait briller davantage et mieux figurer un sang frais répandu. Alors il se mit à trembler. 
Oscar WILDE - Le portrait de Dorian Gray 
  
Lavinia avait acheté le masque de Beethoven. Tout de suite, le maintenant à bras tendu, elle me présenta le plâtre, blanc cruel ; sous la lumière, il vous faisait battre le cœur, à le voir si vivant. Je fis mine de m'en désintéresser. A un moment donné, pourtant, il me frappa moi aussi - la lèvre lisse et quelque chose de gonflé à la bouche tremblait, comme de la douleur affectueuse, et le front rassemblait des nuages .../... 
Massimo BONTEMPELLI - Le masque de Beethoven 
  
Elias aperçut soudain allongé au soleil derrière un rocher un énorme phoque qui apparemment fut tout aussi surpris que lui par cette rencontre. 
Mais Elias ne perdit pas de temps. Du haut du rocher sur lequel il se tenait, il lança son harpon qui vint se planter dans la nuque du phoque. Aussitôt -et avec quelle violence !- l'animal se dressa et se tint droit sur sa queue, aussi grand que le mât d'un bateau, en fixant sur lui un regard noir de ses yeux injectés de sang et en montrant ses dents dans un rictus si haineux, si démoniaque qu'Elias en fut saisi de terreur. 
 Roald DAHL - Elias et le Draug 
  
Voici quelque chose de pittoresque," annonça mon guide en prenant sur une étagère une petite grenouille grotesque posée là parmi d'autres babioles. Elle semblait avoir été taillée dans une matière semblable à du jade. Frappé par la bizarrerie de l'objet, je pris la grenouille dans la main du vieil homme. Elle était étrangement froide. 
Roald DAHL - la boutique du coin 
  
Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine*. Il était couché sur le dos, un dos dur comme une cuirasse, et en levant un peu la tête, il s'aperçut qu'il avait un ventre brun en forme de voûte divisé par des nervures arquées. La couverture, à peine retenue par le sommet de cet édifice, était près de tomber complètement, et les pattes de Grégoire, pitoyablement minces pour son gros corps, papillotaient devant ses yeux. 
"Que m'est-il arrivé ?" pensa-t-il. Ce n'était pourtant pas un rêve... 
  
*Vermine désigne ici n'importe quel insecte 
Franz KAFKA - La métamorphose 
  
La chevelure relevée sur le front, paraissait avoir été dorée autrefois. La tête, petite comme celle de presque toutes les statues grecques, était légèrement inclinée en avant. Quant à la figure, jamais je ne parviendrai à exprimer son caractère étrange, et dont le type ne se rapprochait de celui d'aucune statue antique dont il me souvienne. Ce n'était point cette beauté calme et sévère des sculpteurs grecs, qui donnaient à tous les traits une majestueuse immobilité.  Ici, au contraire, j'observais avec surprise l'intention marquée de l'artiste de rendre la malice arrivant jusqu'à la méchanceté. Tous les traits étaient contractés légèrement : les yeux un peu obliques, la bouche relevée des coins, les narines quelque peu gonflées. Dédain, ironie, cruauté se lisaient sur ce visage d'une incroyable beauté cependant. 
Théophile GAUTIER - La vénus d'Ille 

 
LA FIN DU RECIT 
  
Mon ami M de P. vient de m'écrire de Perpignan que la statue n'existe plus. Après la mort de son mari, le premier soin de madame de Peyrehorade fut de la faire fondre en cloche, et sous cette nouvelle forme, elle sert à l'église d'Ille. Mais, ajoute M de P, il semble qu'un mauvais sort poursuive ceux qui possèdent ce bronze. Depuis que cette cloche sonne à Ille, les vignes ont gelé deux fois. 
Prosper MERIMEE - La vénus d'Ille 
  
Les années ont passé mais je continue à avoir peur. J'ai très peur de choses aussi ordinaires que la lumière du soleil, les ombres sur l'herbe, les roses blanches, les enfants aux cheveux roux ou le prénom Harry. Un prénom vraiment très ordinaire. 
Roald DAHL - Harry 
  
Je m'avançais pour prendre ce papier ; mais jugez de mon étonnement lorsqu'à la place du pied de momie que j'avais acheté la veille, je vis la petite figurine de pâte verte mise à sa place par la princesse Hermonthis ! 
Théophile GAUTIER - le pied de momie 
  
Il est clair que Kidd -si c'est bien Kidd qui a enfoui le trésor, ce dont je ne doute pas, pour mon compte, - il est clair que Kidd a dû se faire aider dans son travail. Mais, la besogne finie, il a pu juger convenable de faire disparaître tous ceux qui possédaient son secret. Deux bons coups de pioche ont peut-être suffi, pendant que ses aides étaient encore occupés dans la fosse ; il en a peut-être fallu une douzaine. - Qui nous le dira ? 
Edgar Allan POE - Le scarabée d'or 
  
Et dans cette glace, je commence à voir des images folles, des monstres, des cadavres hideux, toutes sortes de bêtes effroyables, d'êtres atroces, toutes les visions invraisemblables qui doivent hanter l'esprit des fous. 
Voilà ma confession, mon cher docteur. Dites-moi ce que je dois faire ? 
Guy de MAUPASSANT - Lettre d'un fou 
  
  
LA PEUR 
  
...Les gros plans m'avaient mis mal à l'aise, et les grognements, les rugissements de douleur, les gémissements d'agonie n'arrangeaient rien. J'avais l'impression d'être dans un mauvais rêve. Les mêmes visions d'horreur m'assaillaient sans cesse, et en particulier celle d'une hyène à l'affût, immobile, avec ses yeux fixes luisant dans l'obscurité. J'en frissonnais. 
Tout à coup mon être fut inconsciemment alerté par deux points lumineux qui scintillaient. Une force inconnue m'obligeait à les regarder, et, en même temps, la peur montait en moi. Elle me glaçait déjà les mains. Brusquement, je levai les yeux. La hyène me fixait immobile. Son regard me paralysa. je voulus détourner les yeux, mais impossible. Une torpeur m'engourdissait, mes jambes flageolaient. 
Henri COPIN - Henri PHILIBERT - Les griffes de l'épouvante 
  
Miss Ludgate était assise et écoutait attentivement, le visage à moitié tourné vers les fenêtres, la tête légèrement levée, les yeux révulsés. Son attitude rigide témoignait d'une tension intérieure quelque peu inquiétante chez une personne de son âge. .../... Son visage était livide et son regard semblait tourmenté par un malheur inexorable. 
A.M .BURRAGE - Le balayeur 
  
Je m'éloignai sur le trottoir brûlant en essayant de me dépêcher mais je me sentais les jambes lourdes et à demi-paralysées, comme dans un cauchemar. 
J'avais la tête en plein soleil, mais je m'en rendais à peine compte. Perdant toute notion d'espace et de temps, je poursuivis mon chemin d'une démarche hésitante. J'entendis alors quelque chose qui me glaça le sang. Une horloge sonnait trois heures. Prise de panique, je demandai mon chemin à des passants qui me regardèrent d'un air effrayé, comme j'avais moi-même regardé la vieille femme. 
Rosemary TIMPERLEY - Harry 
  
Moi de toutes mes forces j'étreignais, des paumes et des doigts, mes mâchoires et mes pommettes. Je me sentais tendu. J'avais peur. 
Du grincement circulaire du disque se détachèrent les trois premières notes, martelées de la symphonie. 
Je me sentis grincer des dents. 
Massimo BONTEMPELLI - Le masque de Beethoven 
  
Une terreur insurmontable s'empara de moi, mes cheveux se hérissèrent sur mon front, mes dents s'entre-choquèrent à se briser, une sueur froide froide inonda tout mon corps. 
T. GAUTIER - La cafetière 


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MessagePosté le: 18.02.11 16:59    Sujet du message: Publicité

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