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Crimes de l'armée coloniale en Algérie : Témoignage

 
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Noureddine
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MessagePosté le: 22.12.10 21:03    Sujet du message: Crimes de l'armée coloniale en Algérie : Témoignage


Ce que je rends public aujourd’hui, par ce texte, je ne l’avais encore jamais dévoilé, même pas à mes plus proches : frères, sœurs, femme, enfants, amis. J’avais seulement évoqué, que j’avais vu des actes de torture, que mon séjour en Algérie avait été très dur, mais j’avais toujours fui les questions à ce sujet. C’est un miracle que j’en sois revenu, mais au fond de moi, j’avais une très profonde honte de ce qui s’était passé. Souvent, j’ai repensé à cette période et tenté d’analyser comment des actes aussi odieux pouvaient se dérouler.  
Jeune, comme la majorité de l’époque, je n’avais pas envie de " faire " cette guerre d’Algérie.  
J’ai participé à des manifestations pour dire non à la guerre d’Algérie, je me suis fait arrêter plusieurs fois : j’ai été fiché comme " subversif ".  
Ce qui est surprenant, c’est que mon " passé " de " subversif " ne m’a pas suivi en Algérie, et je me suis retrouvé affecté bizarrement dans le service d’officier de renseignement du 184è bataillon du train à la villa Susini d’Alger. Ce service était chargé de " collecter " toutes les informations possibles sur les activités du FLN en particulier à Alger.  
Mon " baptême ", si j’ose dire, c’est le surlendemain de mon arrivée : un appelé à quatre jours de la " quille " se fait tuer à Belcourt parce qu’il avait, seul, dans la rue, demandé ses papiers à un Algérien qu’il ne connaissait pas comme habitant le quartier. Cela a provoqué des représailles : les militaires de ce régiment sont partis, en commando " venger " le copain. Le bilan effectué au retour de cette " opération " punitive par les différents groupes y ayant participé était de plus de 400 personnes exécutées. Cela avait duré presque tout l’après-midi : tous les hommes trouvés dans les logements (c’est-à-dire de 14 à 80 ans) étaient abattus devant les femmes et les jeunes enfants.  
Les interrogatoires qui se passaient dans la grande salle du sous-sol de la villa Susini étaient généralement horribles. Généralement le détenu devait se mettre nu. L’état-major ayant expliqué que de cette façon, celui qui était interrogé ne pouvait que se sentir inférieur et plus facilement contraint à parler. Le traitement était identique pour les femmes. La plupart des interrogatoires qui se passaient en sous-sol étaient faits sur la table souvent trop courte pour que la personne soit complètement allongée, souvent attachée aux pieds de la table par les membres. Et là l’horreur pouvait durer des heures : des coups en tout genre (poing, bâton, pistolet, ceinturon…) sur toutes les parties du corps, les cheveux arrachés... (…)  
Pendant cette période, j’ai fait ce que je pensais pouvoir faire pour limiter au maximum cette participation à ce qui me révoltait au plus fort de moi.  
 Mais c’est à titre collectif, que j’ai le sentiment, comme Français ancré dans l’idée de la liberté, et le combat nécessaire pour la défendre, de porter une part de culpabilité de torture dans cette période.  
 
Henri Pouillot : " La guerre, cet enfer " 
 



 
  
 
 


 
 
 




 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 
      

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MessagePosté le: 22.12.10 21:03    Sujet du message: Publicité

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titem
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Inscrit le: 29 Mar 2012
Messages: 3
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MessagePosté le: 10.11.12 19:12    Sujet du message: Crimes de l'armée coloniale en Algérie : Témoignage

un texte intéressant à exploiter en classe ou en examen. merci pour la contribution.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:31    Sujet du message: Crimes de l'armée coloniale en Algérie : Témoignage

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