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l’énonciation

 
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MessagePosté le: 31.01.11 19:15    Sujet du message: l’énonciation

Principes généraux
Dans un texte argumentatif, le locuteur (celui qui parle) ne se contente pas de donner des informations : il prend position par rapport à ces informations et cherche à faire partager son opinion au destinataire. 
Il faut donc distinguer dans l'énoncé du texte argumentatif, d'une part, les informations pures et, d'autre part, les interventions du locuteur qui donne son point de vue à propos de ces informations. 
Exemple : 
  • II a obtenu son bac. (l'énoncé donne une information pure, le locuteur ne prend pas position.)
  • II a brillamment obtenu son bac ! (L'énoncé donne une information, mais le locuteur exprime également son opinion et son sentiment par deux marques : l'adverbe brillamment et la forme exclamative.)
Toutes les marques (lexicales et grammaticales) de la présence, des sentiments ou des jugements du locuteur dans un énoncé sont appelées indices d'énonciation. Repérer les indices d'énonciation permet de répondre à 3 questions essentielles à propos du texte argumentatif : 
  • Quelles sont les idées défendues par le locuteur ?
  • Quelles sont les idées qu’il critique ou rejette ?
  • Le locuteur cherche-t-il à attirer l’attention de son destinataire ?
Les marques de la présence
Tout texte argumentatif peut mettre en présence 3 catégories de personnes (qu’il est impératif d’identifier si l’on veut comprendre le sens du texte) : 
  • Le locuteur : celui qui parle.
  • Le ou les destinataires : celui ou ceux à qui le locuteur parle.
  • Le ou les « autres » : celui ou ceux de qui le locuteur parle
Certains indices révèlent simplement la présence du locuteur,de son destinataire ou des « autres ». Ils répondent à deux questions simples mais essentielles à la bonne compréhension du texte : 
  • Qui parle ? Qui affirme telle ou telle idée du texte ?
  • A qui ?
1. Les pronoms personnels 
  • JE - Les pronoms personnels et les adjectifs possessifs de la 1ère personne du singulier désignent le locuteur.
  • NOUS - Les pronoms personnels et les adjectifs possessifs de la 1ère personne du pluriel désignent à la fois le locuteur et le destinataire.
  • TU et VOUS - Les pronoms personnels et les adjectifs possessifs de la 2ème personne du singulier ou du pluriel désignent le destinataire (qui est parfois l’adversaire du locuteur).
  • IL(S) et ELLE(s) 6 Les pronoms et adjectifs possessifs de la 3ème personne du singulier ou du pluriel désignent des personnes étrangères à la situation de communication (le plus souvent il s’agit des adversaires du locuteur, ceux qui ne partagent pas son opinion).
  • Le pronom « ON » peut être l’équivalent d’un « nous » ou d’un « ils » : attention ! il désigne souvent les adversaires du locuteur.
2. Les types de phrases 
  • Seule la phrase déclarative né témoigne pas de la présence d'un locuteur. En revanche, les phrases impératives, interrogatives ou exclamatives renvoient nécessairement à la présence d'un locuteur qui cherche à obtenir un effet sur son destinataire.
  • Certaines phrases interrogatives sont des affirmations déguisées. On les appelle interrogations oratoires ou rhétoriques. Le locuteur ne cherche pas alors à obtenir une réponse, mais à faire admettre une vérité.
Exemple 
« Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? » signifie « Vous ne pouvez pas dire une chose pareille ! » 
  
  
Les indices de la subjectivité
  
Ces indices permettent au locuteur d'exprimer ses sentiments, ses jugements ou son degré de certitude. 
1. L'expression des sentiments
Le locuteur dispose d'un lexique affectif pour manifester ce qu'il ressent par rapport à une idée ou à un acte. Il s'agit de tous les mots qui renvoient aux émotions, aux sentiments du locuteur dans l'énoncé. Il peut s'agir, par exemple, de peur, de joie, d'indignation, de colère, etc. 
Le locuteur peut également avoir recours aux phrases exclamatives pour exprimer ses réactions affectives. 
Exemple 
« Quelle pitoyable opinion ! Votre avis me fait horreur! » : le locuteur rabaisse ici l'opinion du destinataire en utilisant le lexique affectif, (pitoyable et horreur), mais aussi la forme exclamative qui témoigne de sa révolte. 
2. L'expression du jugement
Le locuteur dispose d'un lexique évaluatif pour émettre un jugement ou prendre position à propos d'une idée ou d'un acte. Il s'agit de l'ensemble des mots valorisants ou dévalorisants qui indiquent ce que le locuteur juge positivement ou négativement. 
Exemple
« Les clichés à propos des adolescents sont stupides. » : clichés et stupides font partie d'un lexique dévalorisant qui montre que le locuteur refuse les lieux communs sur l'adolescence. 
3. Les modalisateurs
Ce sont les mots ou les expressions qui indiquent le degré de certitude que le locuteur accorde à ce qu'il dit. Le locuteur peut ainsi valoriser une idée en la présentant comme certaine ou encore discréditer une idée en la présentant comme douteuse et discutable. 
Ces modalisateurs sont de nature variée : adverbes (« certainement », « peut-être », «apparemment »...), verbes (« admettre », « reconnaître », « prétendre », « sembler », «paraître »...), expressions (« sans aucun doute », « selon certains », « on ne peut nier »...), mode conditionnel (exprimant le doute, la réserve...), typographie (utilisation de l'italique ou des guillemets). 
Exemple 
« Les prétendues théories de ces soi-disant scientifiques seraient défendues par un grand spécialiste français ! ». Les modalisateurs servent ici à remettre en question, à rejeter les théories des « soi-disant scientifiques ». 
Bilan 
Au terme de l’étude de l’énonciation, vous pouvez faire un tableau qui distingue, sans erreur possible, les idées défendues par le locuteur (c’est-à-dire la thèse défendue) de celles qu’il critique ou réfute, c’est-à-dire des idées des adversaires du locuteur (autrement dit de la thèse adverse). 
2. le temps des verbes 
Le présent indique le moment où s'exprime le locuteur. En conséquence, le passé composé, l'imparfait et le futur simple permettent au locuteur de situer ses propos avant ou après le moment où il parle. 
Exemple 
J'ai bien vécu (passé composé : moment antérieur au discours du locuteur). Aujourd'hui, je suis prêt à tout avouer (présent : moment où parle le locuteur). Demain, je me tairai peut-être (futur : moment postérieur au discours du locuteur). 
3. Les repères dans l'espace et le temps 
Certains indices spatiaux (« ici », « là »... ) et certains indices temporels (« aujourd'hui », «hier »... ) changent de sens par rapport au lieu et au moment où s'exprime le locuteur. 
Exemple 
Si le locuteur s'exprime un 24 décembre, les adverbes « hier », « aujourd'hui » et « demain » ne peuvent pas avoir le même sens que s'il s'exprime un 16 avril. 


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MessagePosté le: 31.01.11 19:15    Sujet du message: Publicité

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