FRANÇAIS AU LYCÉE - ALGÉRIE  Index du Forum FRANÇAIS AU LYCÉE - ALGÉRIE
Forum interactif pour enseignants PES et élèves de lycée
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion




 La connaissance non partagée n'a pas vraiment son utilité. ( D. Desbiens) 
 "Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui."  Razz  "Le projet n'est pas une fin en soi, c'est un détour pour confronter les élèves à des obstacles et provoquer des situations d'apprentissage." Razz "L'enseignant novateur, en entreprenant une démarche de projet, accepte de : 1/ gérer la complexité et l'incertitude; Razz 2/ tenir compte des besoins et des intérêts des apprenants; Razz 3/ créer les conditions permettant l'exercice d'une pensée créatrice: le travail de groupe; Razz 4/ renoncer à la situation magistrale; Razz 5/ agir comme médiateur et non comme dispensateur de savoir." Razz "Selon B. S. Bloom,  3 moments d'évaluation : 1/ en amont du projet : évaluation diagnostique; Razz 2/ au cours du projet : évaluation formative; Razz 3/ en aval du projet : évaluation sommative." Razz
Les principales notions liées à l’argumentation / les formes de l’argumentation

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    FRANÇAIS AU LYCÉE - ALGÉRIE Index du Forum -> THÉORIE - ACTIVITÉS D'APPRENTISSAGE - ÉVALUATION -> Théorie
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Noureddine
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 21 Déc 2010
Messages: 709
Masculin
Point(s): 1 913

MessagePosté le: 02.01.11 21:27    Sujet du message: Les principales notions liées à l’argumentation / les formes de l’argumentation

LA LOGIQUE D’UNE ARGUMENTATION
  
1) Distinction entre CONVAINCRE, PERSUADER, DÉLIBÉRER 
    Argumenter ce n'est pas seulement soutenir ou contester une thèse, c'est aussi vouloir agir sur le destinataire pour le convaincre ou le persuader. 
  
CONVAINCRE : On utilise ce verbe lorsque l’émetteur (le locuteur, celui qui s’exprime) fait appel à la raison du destinataire auquel il s'adresse, c-a-d à ses capacités d'analyse et de raisonnement. Par le seul raisonnement le locuteur entend obtenir l'adhésion réfléchie du destinataire. Il élabore une démonstration comportant, thèse, argument, ex., articulations logiques. Sa démonstration repose sur une stratégie et une progression claire. 
  
PERSUADER : On utilise ce verbe lorsque le locuteur s'efforce d'agir non seulement sur la raison de son destinataire mais également sur sa sensibilité. Il fait donc appel à ses sentiments en utilisant des procédés rhétoriques et oratoires (images + implication du destinataire par le pronom "nous", par l'interpellation + questions rhétoriques + phrases exclamatives + différents registres (polémique, pathétique, ironique, lyrique). 
  
DÉLIBÉRER : On utilise ce verbe lorsque, dans un texte le locuteur discute, débat avec lui-même ou avec d'autres. Il confronte ainsi différentes opinions en vue de constituer sa propre opinion. (Cf. le célèbre monologue délibératif d'Hamlet "être ou ne pas être, telle est la question" ou les stances du Cid "Faut-il laisser un affront impuni / Faut-il punir le père de Chimène ?") 
  
2)  Thème et Thèse 
  
– Le thème est le sujet débattu dans le texte 
– La thèse est l’opinion soutenue sur un thème et s’opposant à d’autres thèses possibles (ex : la liberté consiste à pouvoir faire ce que l’on veut, thèse qui s ‘oppose à : la liberté doit s’arrêter là où commence celle des autres). La thèse n’est pas forcément exprimée par une phrase du texte (explicite) il faut alors la déduire. 
  
3)  Arguments et Exemples 
  
– L’argument est la preuve utilisée pour soutenir une thèse (argument persuasif) ou pour infirmer une thèse adverse (argument polémique). L’argument est le moyen pour arriver à un but : convaincre de la validité de la thèse. 
– Les exemples viennent illustrer les arguments. Plusieurs fonctions possibles :  
·       rendre l’argument plus clair grâce à un cas concret 
·       prouver l’argument par une réalité incontestable et vérifiable 
·       séduire le destinataire en frappant son imagination 
  
4)  Les types de raisonnements 
Le raisonnement  déductif : chaque argument découle des précédents. On va du général au particulier. Le syllogisme est la forme la plus pure de la déduction, qui fait découler une conclusion de 2 propositions générales appelées prémisses. 
Ex : Tous les hommes sont mortels (prémisse majeure) ; 
       Or, Socrate est un homme (prémisse mineure) ; 
     Donc Socrate est mortel (conclusion) 
  
      – Le raisonnement inductif : au contraire de la déduction, l’induction part d’exemples particuliers pour aboutir à une loi générale. 
Ex : Tous les hommes ayant vécu avant nous sont morts, donc tous les hommes sont mortels. 
  
– Le raisonnement concessif : Cette forme de raisonnement accorde une part de vérité à la thèse adverse afin de mieux en marquer les limites. L’auteur semble ainsi moins partisan (plus objectif) et peut ensuite présenter sa propre thèse avec plus de force. La concession s’appuie sur des connecteurs logiques tels que certes, sans doute, s’il est vrai que, bien que et s’achève souvent par un connecteur d’opposition tel que mais, cependant, pourtant… 
  
– Le raisonnement par analogie : Permet de rapprocher le thème traité d’une réalité simple, indiscutable. C’est un raisonnement simplificateur, qui frappe l’imagination. Souvent utilisé dans la polémique pour déprécier un adversaire. 
Ex : Athènes et Sparte ont triomphé des tyrans d ‘Asie parce qu’elles étaient des cités démocratiques ; or la République française est une démocratie comme Athènes et Sparte ; elle doit donc triompher des monarchies européennes. 
  
5)  Les types d’arguments 
  
– l’argument a fortiori : il examine un cas extrême et conclut à plus forte raison dans les autres cas. 
Ex : Je t’aimais inconstant, qu’aurai-je fait fidèle ? (= puisque je t’aimais alors que tu étais inconstant, à plus forte raison t’aurais-je aimé si tu avais été fidèle) 
  
– l’argument  a contrario ou argument par l’absurde : montre que si la thèse n’était pas vraie cela entraînerait des conséquences absurdes. En polémique, l’argument a contrario montre que la thèse adverse entraîne des conséquences absurdes ou moralement inacceptables. 
– L’argument d’autorité : consiste à montrer qu’une personne digne de confiance est du même avis : invoquer des travaux scientifiques, citer une personnalité célèbre. 
– L’argument ad hominem : argument qui consiste à s’en prendre, non aux idées de l’adversaire, mais à sa personne même, en la discréditant. Ridiculiser l’adversaire constitue un argument ad hominem. 
  
6)  Le paradoxe 
C’est une thèse contraire aux idées courantes. Parce qu’il est original, le paradoxe a une force de séduction que n’a pas le lieu commun et frappe davantage l’imagination. 
Ex : Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau. (P. Valéry) = la contradiction n’est qu’apparente puisque le mot peau désigne ici, au sens figuré, la sexualité. 
  
L’IMPLICATION DE L’ÉMETTEUR DANS L’ARGUMENTATION
  
Un texte argumentatif vise à convaincre quelqu’un ou à le persuader. Ce sont 2 intentions qui reposent sur diverses stratégies selon que l’on s’adresse à la raison du destinataire (stratégies pour convaincre) ou que l’on s’adresse à sa sensibilité, son imagination (stratégies pour persuader). Mais les deux démarches ne sont pas exclusives, elles peuvent coexister dans un texte. 
  
1) Les stratégies de modalisation (modalisation = tout ce qui dans un énoncé précise l’attitude de l’émetteur par rapport à cet énoncé, c-à-d son degré d’adhésion, les nuances qu’il apporte) 
  
– Feindre l’objectivité : éviter les indices de subjectivité, chercher le terme précis pour donner l’illusion d’un discours scientifique. 
– Divertir : séduire le lecteur en illustrant son propos par des exemples ; l’amuser par l’ironie, la parodie, la satire, en ridiculisant les adversaires. 
– Émouvoir : mettre ses sentiments en avant, avec lyrisme, pour émouvoir le lecteur à son tour. 
  
2) Le recours à l’ironie 
L’ironie permet de faire comprendre autre chose que ce qui est dit afin de ridiculiser la thèse adverse tout en faisant du lecteur un complice. L’ironie utilise de nombreux procédés :
  
–      L’antiphrase qui consiste à dire le contraire de ce que l’on pense (procédé le plus fréquent). 
Ex : Figaro, qui vient de se faire injurier par le comte, lui répond : « Voilà les bontés familières dont vous m’avez toujours honoré ». (Beaumarchais, Le Barbier de Séville). 
–      L’incohérence qui présente comme sérieux un raisonnement manifestement absurde ou contradictoire. 
–      L’alliance de mots : l’un des 2 termes est ironique, tandis que l’autre révèle la véritable pensée de l’auteur. 
Ex : Voltaire parle de « boucherie héroïque » pour évoquer la guerre dans Candide. 
–      L’euphémisme laisse entendre une vérité beaucoup plus forte que ce que l’auteur veut bien dire. 
Ex : « Cunégonde […] vit entre les broussailles le docteur Pangloss qui donnait des leçons de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile »
  
3) Les indices de subjectivité (marques personnelles de l’émetteur ou modalisateurs
Ils permettent de renforcer la thèse défendue ou de discréditer la thèse adverse. Plusieurs procédés :
  
–      Le lexique : termes à connotation méliorative (laudative = éloge) ou péjorative (dépréciative = blâme). 
–      Les adverbes : sans doute, peut-être (doute) ; assurément, toujours, jamais (certitude). 
–      Les pronoms : je, nous, vous, impliquent l’émetteur et le destinataire.  
     On, peut avoir différentes valeurs :  
·       d’indéfini : On frappe à la porte (= quelqu’un). Mais ce on sert souvent, par mépris, à désigner l’adversaire, qu’on ne veut pas nommer. 
·       universelle : On hasarde de perdre en voulant trop gagner (= tout le monde) 
·       particulière : On pense […], je n’en suis pas si sûr = Ce on sert à désigner les partisans de la thèse réfutée (rejetée), l’émetteur marquant bien sa différence par le je
  
–      Les verbes d’énonciation : *On dit que, on prétend que = permet la mise à distance de la thèse adverse, celle-ci est présentée comme la pensée de quelqu’un qui se trompe (+ le on
·      je soutiens que = permet d’affirmer sa thèse par la force de conviction 
·       nous ne devons point…= présente l’idée comme un devoir pour tout le monde. 
  
–      Les modes verbaux : l’indicatif est le mode du fait avéré (vrai, certifié), le subjonctif et le conditionnel sont au contraire les modes de l’incertain et du subjectif. Le conditionnel sert souvent à mettre en doute la pensée d’autrui. 
  
–      La ponctuation :  
·       Les guillemets isolent un mot ou une expression que l’émetteur ne reprend pas à son compte (propos tenus par les partisans d’une thèse adverse) ou bien un terme technique que l’émetteur regrette d’utiliser. 
·       Le point d’exclamation marque l’étonnement ou l’indignation. 
·       Les points de suspension mettent en relief ce qui vient d’être dit ou, si la phrase n’est pas terminée, ce qui suit.  
·        Le point d’interrogation : il s’agit le plus souvent d’une question rhétorique, c’est-à-dire d’une fausse question, où le lecteur est bien forcé d’admettre qu’il n’y a pas d’autre réponse possible que celle proposée par l’émetteur. 
  
LES GENRES ARGUMENTATIFS
  
·       On distingue les genres qui utilisent l’argumentation directe (affirmation directe du point de vue personnel de l’auteur de l’ouvrage = ESSAI) et les genres qui utilisent l’argumentation indirecte (le point de vue personnel est exprimé de manière indirecte par un récit = FABLE, CONTE PHILOSOPHIQUE
  
1)  L’ESSAI  
Origine : Montaigne Les Essais (1580), l’auteur met à l’essai, à l’épreuve son expérience, ses jugements sur divers sujets. 
  
Caractéristiques : * utilisation de la prose 
·       la mise en évidence de l’élaboration de la réflexion 
·       l’aspect personnel, marqué par la subjectivité (1re personne, expression des sentiments, procédés de persuasion) 
·       la souplesse de la forme choisie (possibilités de digressions, réflexions annexes) 
·       la variété des sujets (d’ordre moral, philosophique, politique) que l’auteur ne prétend pas traiter de façon exhaustive (complète) 
·       L’énonciateur, dont la présence est plus ou moins explicite, fait référence aux points de vue adverses ou différents, propose sa thèse et cherche à convaincre le lecteur de sa pertinence. 
·       L’essai peut prendre la forme d’un traité, lorsqu’il se caractérise par la rigueur de la démonstration, il porte sur un sujet unique, abordé de manière systématique. 
·       Le pamphlet désigne un écrit bref, révélateur de l’engagement de l’écrivain. Son registre est polémique ou satirique. Il attaque un personnage connu, un parti, une institution. Le pamphlétaire adopte un ton virulent pour exprimer son indignation. 
  
Ce n’est pas une œuvre de fiction (¹ conte philosophique et fable) et il ne relève pas de la narration. 
  
Quelques essais : Les Essais de Montaigne (1580) ; Les Pensées de Pascal (1670) ; Le mythe de Sisyphe de Camus (1942) ; Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (1949) ; Petit traité des grandes vertus de André Comte-Sponville (1995) ; Réflexions sur la guerre, le mal et la fin de l’histoire de Bernard-Henri Lévy (2001)… 
  
2)  LA FABLE 
Origine : C’est une forme de l’apologue c-à-d un court récit de fiction utilisant la forme allégorique (l’allégorie est la représentation concrète (sous forme de personnages) d’une idée (abstraction) et refermant un enseignement, une leçon de morale pratique. 
·       La fable est un court récit en vers ou en prose mettant le plus souvent en scène des animaux (mais pas exclusivement) et incluant une leçon de sagesse. ·       Le père de la fable dans la tradition occidentale est ÉSOPE (VIe siècle avant J-C, récits en prose) puis PHÈDRE (latin du Ier siècle). ·       La Fontaine au XVIIe s’inspire des Anciens mais renouvelle complètement le genre (textes en vers, développement péripéties, décor, variété du discours, caractère théâtral, intervention narrateur, satire société).  
Caractéristiques :  la brièveté 
·       « L’apologue est composé de 2 parties, dont on peut appeler l’une le corps, l’autre l’âme : le corps est la fable (le récit, l’anecdote), l’âme, la moralité » (définition donnée par La Fontaine et à retenir !) 
·       importance du discours narratif 
·       une double visée : plaire et instruire 
        plaire : à travers la présentation du récit (l’histoire) 
        instruire : il s’agit de la visée argumentative = représenter les travers de la société humaine, dénoncer les inégalités sociales, les défauts et vices des individus pour donner une leçon de sagesse et de tolérance. 
  
Quelques fables : Fables d’Ésope (VIe avt J-C) ; Fables de Phèdre (Ier S.) ; Fables de La Fontaine (1668-1694) ; Fables de Florian (1792) ; La Ferme des animaux de G. Orwell (1945) ; Fables d’Anouilh (1961)… 
  
3)  LE CONTE PHILOSOPHIQUE 
  
Origine : S’inscrit dans longue tradition du conte (Mille et une Nuits (contes arabes), Contes  de Perrault (XVIIe). Connaît son épanouissement philosophique au XVIIIe avec Voltaire). 
  
Caractéristiques : S’apparente à la fable = même argumentation indirecte, même visée didactique (instruire et plaire en illustrant une leçon exprimée ou implicite par le biais d’un récit) 
·       emprunte au genre du conte l’essentiel de ses procédés (récit fictif avec diverses péripéties, recours au merveilleux, mise en scène de personnages types). 
·       raconte les épreuves d’un héros confronté à la découverte du monde : chaque étape de son histoire est l’occasion de mener une réflexion sur un problème de société : éducation, guerre, justice, vertus… L’auteur invite le lecteur à réfléchir et défendre avec lui des valeurs. 
·       l’ironie est l’arme privilégiée de l’écrivain pour critiquer intolérance, fanatisme et injustice. 
·       ce genre est un moyen de divulgation de la pensée des philosophes des Lumières et s’inscrit dans une démarche de vulgarisation. 
  
Quelques contes philosophiques : Les voyages de Gulliver de Swift (1726) ; Micromégas (1752), Zadig (1759), Candide (1759) de Voltaire ; La colonie pénitentiaire de Kafka (1910) ; Le Baron perché de Italo Calvino (1957) ; Le K de Dino Buzzati (1966)… 



 

_________________
A cœur vaillant rien d'impossible.


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: 02.01.11 21:27    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    FRANÇAIS AU LYCÉE - ALGÉRIE Index du Forum -> THÉORIE - ACTIVITÉS D'APPRENTISSAGE - ÉVALUATION -> Théorie Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2016 phpBB Group
-- Theme by ShadyNeighbor - EQ graphic from www.freeclipart.nu/ --
Theme Converted for phpBB2.0.4 by phpBB2.deTraduction par : phpBB-fr.com